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COVID - Nos étudiants témoignent

Témoignage de Fatima, Flora et Sabina, étudiantes en Soins infirmiers

Malgré la situation de crise sanitaire, nos premiers jours de stages étaient calmes et détendus. Nous avons été en première ligne de la mise en place de procédures et de protocoles afin de préparer la prise en charge des patients Covid-19 : habillage, déshabillage, circuit d’élimination des déchets, désinfection du matériel voire pour certains services toilette mortuaire et intubation.

Les équipes étaient beaucoup plus détendues envers notre statut de stagiaire et nous ont directement intégrées. Une fois la vérification de nos capacités et connaissances, une plus grande liberté et confiance nous fut accordées et nous n’avions pas le sentiment d’être évaluées de manière permanente.

Cependant, une pression psychologique exercée sur chacun de nous et des membres de l’équipe s'en est ressentie et ce de manière continue. De fait, tout patient ou collègue représentait une source potentielle de contamination. Nous avons toutes été confrontées à un moment ou à un autre de notre stage, à un patient considéré comme sain à un statut de suspicion voire jusqu’à la confirmation. En d’autres termes, nous avons été confrontées à la prise en charge sans protection de patients porteurs, car asymptomatiques ou du moins devenus symptomatiques au décours de leur hospitalisation. Les craintes inhérentes à une telle exposition furent dès lors exacerbées : la crainte d’être contaminées et contaminantes et notamment pour les membres qui partagent notre toit, la peur de développer des symptômes nous invalidant pour poursuivre notre année d’étude (rédaction du TFE, réalisation des heures de stages, etc.). De fait, tomber malade pour un étudiant engendre des répercussions sur l’année scolaire, contrairement à un employé qui sera en arrêt maladie et rémunéré par son employeur. Le thermomètre, conformément aux recommandations de prise de température plusieurs fois par jour, est devenu un outil indispensable de notre quotidien, qui illustre le poids psychologique et anxiogène de la situation.

Les questions relatives à la disponibilité du matériel adéquat représentaient un poids pour l’ensemble du personnel soignant : doit-on accepter d’entrer dans une chambre de suspicion Covid-19 avec un simple masque chirurgical ? Doit-on accepter de rentrer en chambre de suspicion avec un simple FFP2, sans blouse, charlotte et gants de protection ?

Toujours est-il que la situation que nous avons vécu, que nous vivons et que nous vivrons peut-être encore lors de notre prochain de stage sera gravée dans nos mémoires. Nous remercions, malgré tout, les équipes de nous avoir encadrées de la meilleure manière possible compte tenue de la situation et des risques encourus.

…TO BE CONTINUED…